Ô nostalgie des lieux qui n’étaient point
assez aimés à l’heure passagère,
que je voudrais leur rendre de loin
le geste oublié, l’action supplémentaire !

Revenir sur mes pas, refaire doucement
– et cette fois, seul – tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc…

Rainer Maria Rilke (1875-1926)

Vous êtes né à Belcourt et vous y avez vécu…!? Alors, nous nous sommes peut-être croisés rue de Lyon en allant chez le mozabite « Le Cygne blanc »… A moins que nous ayons dégusté ensemble une pâtisserie de chez Guisto, ou encore bu une limonade à la terrasse du « Palais de la bière ». Ou bien, avons nous vu, installé cote à cote, « Autant en emporte le vent » au cinéma « Le Roxy ». Se souvenir du Belcourt des années cinquante, soixante… et essayer d’en retrouver la trace dans le Belcourt d’aujourd’hui…


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Voici deux photographies de la rue de Lyon à hauteur du N° 94. La carte postale à gauche date certainement des années 50. L’autre vue à droite a été prise en 2006. Tout a changé, pourtant l’observateur attentif remarquera un détail anecdotique : Arrimé à la façade, le panneau publicitaire qui appartenait aux Établissements ROLANDO (photographe très connu des Belcourtois de l’époque) est parvenu à traverser le temps, mis à part les les lettres K.O.D.A.K.S qui ont disparu…


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Notre logement familial se situait au N° 94 de la rue de Lyon au premier étage.  Nous vivions à cinq dans ce petit appartement de deux pièces en location. On se souvient des commerces de l’époque situés en dessous : Le bureau de tabac « La civette », le « photographe ROLANDO »… La quasi totalité de ces logements de Belcourt était occupé par des familles modestes appartenant au milieu ouvrier, commerçant ou artisan. On en retrouve une description très réaliste en lisant “Le premier homme” d’Albert Camus. Sa famille occupait un appartement exactement du même genre de l’autre coté de la rue au N° 93.


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Voici l’entrée du petit immeuble. L’ouverture éclairée que l’on aperçoit au fond donne sur la cour intérieure. Vue de droite, on remarque un espace entre les deux pâtés de maison. A l’époque, il était possible de traverser pour se retrouver rapidement sur le Boulevard Auguste Comte. On appelait ce passage – comparable à une traboule lyonnaise – : « la ruelle ».  Au fond, on distingue l’église St Paul-Ste Rita. Il semble que cette ruelle ait été obstruée par la suite.


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Il suffisait de gravir la montée d’escaliers pour accéder à la cour intérieure. Les enfants de l’immeuble et leurs camarades du quartier, se retrouvaient là pour jouer. Espace de jeux appréciable car beaucoup ne partaient pas en vacances et n’avaient jamais vu la France avant l’année 1962.


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Combien d’attaques d’indiens courageusement repoussées, combien de bisons marqués au fer et de chevaux sauvages attrapés au lasso… Plus de cinquante ans ont passé, mais les enfants se plaisent toujours à jouer dans la cour. Comme à Naples, le linge pend au balcon.


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Le balcon donnant sur la rue de Lyon.


bha07Pose  insolite, presque comique, photo hors du temps. 1930 – 2005 : L’immeuble a terriblement vieilli, mais il tient toujours.


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Le promeneur qui emprunte les rues d’Alger se retrouvera souvent sous des arcades. Voici ci dessus, à trois époques différentes, les arcades qui terminent la rue de Lyon au niveau du rond point du champ de manœuvres avec à droite, la rue Margueritte.


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Les deux photos ci dessus ont été prises à 50 années d’intervalle. Il s’agit de des arcades de la rue de Lyon situées à hauteur du Boulevard Villarey Joyeuse.


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Le promeneur attentif ( l’étions nous suffisamment lorsque nous vivions là bas ? ) remarquera, à hauteur du N° 130 de la rue de Lyon, un petit immeuble qui possède un certain cachet. On peut lire sur le fronton d’un passage en arcade qui donne vers la rue marey « BELCOURT-VILLE », ainsi qu’une année : 1882, sans doute celle de la construction. De plus, différentes sculptures symboliques ornent la façade. Retrouverons nous un jour l’histoire de cette construction ?

Je remercie M. Amine Cherf pour avoir pris le soin de nous faire parvenir ces photographies. En outre, à propos de la rue de Lyon et du quartier de Belcourt, il attire notre attention sur les points suivants :

Les couleurs du club local de football ( le CR BELCOURT devenu le CR BELOUIZDAD ) sont le rouge et blanc et de nos jours nous voyons fleurir dans les tribunes du stade municipal du Ruisseau l’étendard canadien porté par les supporters belcourtois. On remarque également ce drapeau canadien peint sur quelques façades. Est-ce un hasard ? »

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